Blanc, onctueux et ultra tendance, cette spécialité laitière d’origine islandaise a envahi les rayons frais et les réseaux sociaux. On y vante sa richesse en protéines ou encore son effet coupe-faim. Mais qu’en est-il vraiment ?

Le skyr est un produit laitier fermenté.
Vrai. Il se compose, comme un yaourt classique, de lait écrémé et de ferments lactiques. Une fois le mélange et la fermentation réalisés, il est ensuite bien égoutté afin d’ôter le petit-lait (aussi appelé lactosérum). Ce procédé permet d’obtenir une consistance dense et onctueuse.

Sa texture épaisse cache des matières grasses.
Faux. Le skyr contient naturellement très peu de matières grasses car il est fabriqué à partir de lait écrémé, c’est-à-dire de lait entier dont on a enlevé une majorité de sa crème et donc de gras. La plupart des références affichent même une teneur de 0 %.

Le skyr contient plus de protéines qu’un fromage blanc.
Vrai. Avec 10 g de protéines pour 100 g en moyenne, il devance le fromage blanc qui lui dispose de 5 à 7 g pour 100 g. Les protéines sont nécessaires à la digestion, au transport de l’oxygène dans le sang, au fonctionnement des muscles et à l’immunité.

Il a un effet coupe-faim prouvé scientifiquement.
Faux. Ce n’est pas clairement démontré. Certaines études indiquent qu’il faudrait consommer plus de 20 g de protéines par portion pour observer un effet significatif sur la satiété. Or, un pot de skyr de 125 g en apporte, en moyenne, entre 12 et 15 g : ce ne serait donc pas suffisant pour caler durablement.
Si vous souhaitez obtenir ce côté rassasiant, vous pouvez tout de même l’associer à des aliments contenant des fibres qui, elles, ont un impact prouvé sur la régulation de l’appétit. C’est le cas des fruits (abricots, framboises, pêches…) et des fruits à coques (noix, graines de lin, amandes…) notamment.

C’est un aliment incontournable.
Plutôt faux. Certes, le skyr a des avantages : il est peu ou pas gras et riche en protéines. Mais, il faut savoir que la consommation moyenne en France est de 1,4 g de protéines par kilogramme de poids corporel par jour alors que les recommandations sont inférieures (0,83 g/kg/jour pour un adulte). Il n’est donc pas nécessaire pour la santé d’en absorber plus.
Le skyr peut, en revanche, être intéressant pour les grands sportifs qui ont besoin de consommer davantage de protéines pour « nourrir » leurs muscles pendant l’effort. Les seniors peuvent aussi l’adopter. Ceux-ci doivent en effet augmenter leurs apports pour lutter contre la fonte musculaire qui survient avec l’âge.

Tous les skyrs n’ont pas la même qualité nutritionnelle.
Vrai. Avec son succès, les marques proposent sans cesse de nouvelles références enrichies ou aromatisées. Toutefois, en matière nutritionnelle, toutes ne se valent pas. Il est donc impératif de bien lire les étiquettes. Étudiez attentivement la liste des ingrédients pour y détecter la présence d’additifs ou de sucres ajoutés qui sont plutôt à éviter. Comparez aussi les taux de glucides des différents produits afin de choisir celui qui en contiendra le moins.

Rédaction : Journalistes de la CIEM